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Communiqués de presse

Actuelles

Le Royaume des Clowns

Exposition collective couraté par deux jeunes commissaires français - Pierre-Alexandre Mateos et Charles Teyssou - qui mettent leur regard sur plusieurs génération d'artistes danois provocateurs, ludiques et farceurs.



Du 23 mars au 8 mai 2022

Deux commissaires français, Pierre-Alexandre Mateos et Charles Teyssou, posent leur regard sur une génération d’artistes danois contemporains à l’occasion d’une exposition collective.

Bien qu’identifié et parfois vivement incarnés, le clown est irrésistiblement tabou ! Drag, troll ou Jokerisé, il est omniprésent car les danois ont un rire philosophe, celui de la politesse du désespoir ! Conscients des agitations du monde et de ses prétentions dérisoires, les artistes utilisent le clown comme un contrepoison et un antidote au cirque des vanités. A la fois dépossédé et euphorique, risible et dangereux, repoussant et pourtant nécessaire, personne ne souhaite l’incarner véritablement. Mais l’exposer lui et ses tours ne revient-il pas à condamner sa part la plus corrosive ?

Au sein de l’exposition ; plusieurs facettes de ce personnage
Avec Destruktion of the RSG-6 à Odense (1963), unique exposition organisée par Guy Debord, l’art devient un théâtre d’opérations où la révolution devient un jeu et
vice versa. Assourdie par le retentissement d’une sirène militaire, l’apogée de cette manifestation faisait tirer le spectateur sur des cibles représentant les grands dignitaires de l’ère nucléaire.

Un an après, Jorgen Nash transformera la sculpture de la petite sirène d’Andersen en héroïne insurrectionnel acéphale. Une décennie plus tard, l’oeuvre Three Girls and a Pig (1972) d’Ursula Reuter Christiansen, avec Lene Adler Petersen et Elisabeth Therkildsen, représentent le clown se muant en figure émasculatrice derrière la caméra.

Le clown se grime sous des formes filmiques avec l’ABC cinéma ou sous les traits de femmes vengeresses. Il est noir et grinçant chez Lars Von Trier, il se glisse dans la peau du clown Auguste du royaume du Danemark dans The Kingdom, The Direktor ou The Idiots, il inquiète et embarrasse dans les satires cruelles d’Henrik
Plenge Jakobsen
ou Jens Haaning et incarne aussi l’effroi chez Ann Lislegaard lorsqu’elle se penche sur l’invention du spiritisme à travers la supercherie des soeurs Fox dans l’Amérique puritaine de la moitié du XIXè. Il s’infiltre dans l’ambiguïté des slogans
politiques de Lise Harlev. Enfin, érigé en totem par les situationnistes, (avantgarde à cheval entre Paris et Copenhague qui fit du jeu sa méthode du détournement son mantra), il est complice du mouvement Cobra quand Asger Jorn mime l’insurrection avec son Institute of Vandalism.

Pour la génération contemporaine, c’est une figure convoquée en chair et en os

Le clown devient Arcimboldo de la marge dans les collages végétales anthropomorphes de Rasmus Myrup ; faussement naïf et grimaçant dans les peintures de Magnus
Andersen
; narcissique et gonflé à l’hélium chez Esben Weile Kjær ; sexuellement ambigu dans la figure du Pinocchio de Tora Schultz ; informe et englué dans une tragi-comédie suburbaine dans les vidéos CGI de Line Finderup Jensen ; le pierrot triste du capitalisme de la surveillance dans la simulation de Sidsel Meineche Hansen ; et révèle sa monstruosité au grand jour dans le vestiaire de Sahar Jamili ; enfin il devient alternativement l’artisteet le spectateur dans les performances de Christian Falsnaes.

Une longue tradition artistique

La tradition s’appuie sur le jeu, le rire, la farce ou le canular pour faire vaciller les ordres, les normes et les figures établies. Par le coup d’éclat médiatique, la provocation dans l’espace public, l’exagération de situations, le clown parvient à faire chanceler le réel.

Au fond, ce dernier est aussi un sage, trop conscient de notre finitude et de notre irréductible impuissance. Face au désarroi terrestre, à l’horizon de la mort et des Champs-Élysées, il nous donne la force d’envisager l’existence sous des auspices plus légers.

Kierkegaard prônait aussi cet humour habité par l’idiotie comme vertu salvatrice. Ce rire, cette idiotie est donc conjuratoire face à notre horizon commun, car au royaume
des Hommes, nous finissons tous triviaux et nus comme des asticots que l’on soit valet, clown ou roi.

Un échange artistique entre le Danemark et la France : partenaires

L’exposition qui a reçu le soutien du Bikubenfonden, du Obelske Familiefond, de la Danish Arts Foundation et de Ny Carlsbergfondet est la première d’une série de trois. Elles seront chacune présentées au Bicolore entre 2022 et 2024. Des commissaires français seront amenés à proposer des projets en collaboration avec des artistes danois contemporains. Ces manifestations sont le résultat d’opencall annuel (dont le prochain aura lieu au printemps 2022) et qui seront poursuivis par des visites d’études au Danemark afin de créer rencontres et échanges entre artistes, institutions danoises et commissaires français.

Commissaires de l’exposition

Pierre-Alexandre Mateos (1989) et Charles Teyssou (1988) sont un duo de curators et d’écrivains basés à Paris. Leurs projets en cours et à venir inclus : un programme public à la Bourse de Commerce - Pinault Collection intitulé “Paris Orbital“ ; une publication sur le cruising homosexuel avec la HEAD (Genève) ; et les archives Arles Terminal City (arlesterminalcity.com), Fondation LUMA (Arles). Ils ont récemment curaté “Anathemata“ à Mostyn (Llandudno, Pays de Galles) avec des oeuvres d’Antonin Artaud, Pierre Guyotat et Sarah Kane ; “GOREGEOUS“, de Darja Bajagić au Confort Moderne (Poitiers) et une exposition co-curatée avec Kevin Blinderman consacrée à la figure du dandy Jacques de Bascher à Treize (Paris) et à la Kunsthalle de Berne. En collaboration avec Dustin Cauchi et Dasha Zaharova, ils ont lancé la plateforme The Opioid Crisis Lookbook en 2020 : un projet d’édition et d’exposition infusé de culture narcotique. En collaboration avec Rasmus Myrup et Octave Perrault, ils ont initié le “Cruising Pavilion“, une série d’expositions consacrées aux liens entre dissidence sexuelle, art et architecture qui a voyagé de Venise (16e Biennale d’architecture), à New York (Ludlow 38) en passant par Stockholm (ArkDes Museum). Ils ont été les rédacteurs en chef de L’Officiel Art et sont des contributeurs réguliers de Mousse Magazine, Spike, Double Magazine ou Cura.


Le Bicolore

Au sein de la Maison du Danemark située sur les Champs-Elysées, le Bicolore propose une nouvelle plateforme d’art contemporain. Sa démarche est accrue par une forte présence en ligne : podcasts, articles en ligne, rencontres numériques, vidéos et visites virtuelles font désormais partie des expériences culturelles proposées.
Le nom donné au Bicolore est un clin d’oeil affectueux au Tricolore français. Il reprend à l’unisson les valeurs d’égalité et de diversité, mais il est aussi double, équivoque et sans cesse à interpréter.

C’est une façon de regarder le monde côté pile et côté face à travers le prisme de la culture danoise. L’actualité, la liberté de pensée et les sujets polémiques sont mis à l’honneur car le Bicolore est curieux, s’interroge, nous interroge et nous invite à un dialogue entre les scènes culturelles danoises et françaises.

Le Bicolore souhaite faire comprendre, catalyser et refléter les dynamiques créatives du Danemark et du monde d’aujourd’hui car les sens et l’esthétique sont des vecteurs aussi essentiels que la rencontre et le débat. L’ambition de ce lieu de rencontre est de créer des expériences mémorables qui éveilleront la curiosité envers le Danemark.

Vernissage presse 22 mars à 9h30
Vernissage public 22 mars à 19h

Informations pratiques

Le Bicolore
Maison du Danemark
142, Avenue des Champs-Élysées
75008 Paris

Contact
lebicolore.dk
lebicolore@maisondudanemark.dk
Tél : 01 44 31 21 15

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Sarah Heymann
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À venir

Temps, peintures et nota bene

Jesper Christiansen

Exposition 18.05.2022 – 31.07.2022

Jesper Christiansen est considéré comme le plus grand peintre de paysage contemporain du Danemark. Depuis son atelier à Odsherred, il recrée le monde en grandes toiles détaillées, émaillées de perspectives et de décalages.

Le monde de Jesper Christiansen est une description complexe, fragmentée et kaléidoscopique de la réalité telle que nous la connaissons. Le temps, le lieu, le genre se mêlent, les perspectives sont distordues et les mots et les images se retrouvent côte à côte; des formules sur le monde forment un entrelacs avec des paysages, des intérieurs et des perceptions de l’espace fourmillant de détails.

Avec ses paysages, Jesper Christiansen est le digne héritier des maîtres de l’Âge d’or danois et renouvelle le genre de la peinture de paysage.

Dans ses peintures, le paysage joue un rôle central, mais ses œuvres sont également empreintes de références. Il rêve d’ailleurs d’ajouter des notes de bas de page dans son art. Voilà pourquoi il intègre du texte dans ses toiles. Ses motifs sont empreints de références à la littérature, la musique, l’architecture et les arts plastiques. En les examinant de près, on s’aperçoit que ses peintures présentent un tout qui va des objets du quotidien jusqu’au plus précieux de la culture d’élite. Ses peintures sont engageantes et immédiatement accessibles, elles enrichissent ceux qui s’y plongent et explorent leurs motifs.

Jesper Christiansen a une technique de peinture unique, reconnaissable et très
calme. Ses peintures sont réalisées sur une très longue période, se transformant au fil de l’eau. À mesure qu’il peint, de nouveaux motifs et éléments trouvent leur place, tandis que d’autres disparaissent. C’est avec de tout petits coups de pinceau sur des canevas noirs qu’il dépeint les paysages de la région de Holbæk sur l’île de Seeland (Danemark), où il vit.

Le paysage comme motif occupe une place de choix dans l’histoire de l’art. Autrefois simple arrière-plan dans les peintures historiques, la nature est devenue depuis un motif à part entière. Au XIXe siècle, la peinture en plein air fut adoptée par les peintres danois de l’Âge d’or. Le paysage est devenu le motif le plus fréquent et c’est ainsi que les Danois ont fait la connaissance de leurs paysages. Avec l’art moderne au XXe siècle, la nature devient pure abstraction et peu à peu, le genre cesse de dominer l’art contemporain. Aujourd’hui, les peintres de paysage sont rares et reconnus. À la manière des peintres d’autrefois qui nous ont appris à comprendre le monde autour de nous par une certaine vision de la nature, ce sont des perspectives intérieures et extérieures que nous offrent Les Quatre Saisons.

Le Film

Aux côtés de quelques 25 toiles et aquarelles de Jesper Christiansen, sera exposé une nouvelle œuvre filmographique de Nanna Rebekka sur l’artiste, How to Do Things with Words, sélectionnée pour le Festival CPH:DOX. How to Do Things with Words filme l’enquête d’une pratique artistique qui est en soi cinématographique. Tout comme le cinéma crée des mondes en plaçant des images les unes à côté des autres de façon chronologique, Jesper Christiansen crée des mondes en reprenant des motifs et des souvenirs connus qu’il retravaille et filtre par le prisme de sa pratique. À travers des fragments de conversations et des entretiens, ainsi que des observations filmées en 16 mm sur la nature humaine et sur le peintre en action, le film entrebâille une porte sur l’appropriation, l’interprétation personnelle et artistique du monde de Jesper Christiansen. Comme les œuvres de Jesper Christiansen, le film passe du plan intérieur au plan extérieur, de l’espace privé à l’espace public.
Le spectateur est donc à la fois celui qui observe d’un œil extérieur une pièce, un lieu de travail ou un tableau, et un invité dans un monologue intérieur ou le souvenir d’une expérience.

Le catalogue

L’exposition comporte également un beau catalogue illustré en danois et en français, avec notamment deux articles passionnants qui reflètent deux points de vue. Jesper Christiansen a tenu un journal où il livre un regard sur son processus et ses sources d’inspiration sur quatre saisons. L’historienne de l’art Inge Lise Mogensen Bech éclaire de ses lumières les grandes voies bien tracées et les chemins de traverse subtils qui constituent les repères intérieurs et extérieurs ainsi que le regard malicieux porté par Jesper Christiansen sur ses paysages grandioses à mesure que les saisons défilent.

Partenaires

L’exposition est le fruit d’une collaboration entre le Odsherreds Kunstmuseum, le Musée du Vestsjælland et Le Bicolore à Paris.

Le Bicolore

Au sein de la Maison du Danemark située sur les Champs-Elysées, le Bicolore propose une nouvelle plateforme d’art contemporain. Sa démarche est accrue par une forte présence en ligne : podcasts, articles en ligne, rencontres numériques, vidéos et visites virtuelles font désormais partie des expériences culturelles proposées.

Le nom donné au Bicolore est un clin d’œil affectueux au Tricolore français. Il reprend à l’unisson les valeurs d’égalité et de diversité, mais il est aussi double, équivoque et sans cesse à interpréter.

C’est une façon de regarder le monde côté pile et côté face à travers le prisme de la culture danoise. L’actualité, la liberté de pensée et les sujets polémiques sont mis à l’honneur car le Bicolore est curieux, s’interroge, nous interroge et nous invite à un dialogue entre les scènes culturelles danoises et françaises.

Le Bicolore souhaite faire comprendre, catalyser et refléter les dynamiques créatives du Danemark et du monde d’aujourd’hui car les sens et l’esthétique sont des vecteurs aussi essentiels que la rencontre et le débat. L’ambition de ce lieu de rencontre est de créer des expériences mémorables qui éveilleront la curiosité envers le Danemark.

Vernissage presse 17 mai à 9h30

Vernissage public 17 mai à 19h


Informations pratiques

Le Bicolore
Maison du Danemark
142 Avenue des Champs-Élysées 75008 Paris

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Passées

Un éclat de soleil

Art des îles Féroé


Une exposition sur la lumière, son importance et son évolution dans l’art féroïen des 20e et 21e siècles à travers des œuvres figuratives et abstraites : Ingálvur av Reyni (1920-2005), Zacharias Heinesen (né en 1936), Hansina Iversen (née en 1966) et Rannvá Kunoy (née en 1975).


14 janvier – 13 mars 2022

Vernissage
Jeudi 13 janvier à partir de 18 heures

Commissaire de l’exposition : Kinna Poulsen

Le titre de cette exposition fait écho au cantique Comme l’éclat du soleil au point du jour* écrit par le poète baroque danois Thomas Kingo, évoquant le soleil perçant les ténèbres. Le recueil de cantiques de Kingo a une histoire et une importance toutes particulières aux îles Féroé, où il a prédominé pendant de nombreuses années. Ses hymnes étaient chantés non seulement dans les églises et lors de cérémonies, mais aussi pendant la pêche et les autres activités du quotidien. La notion de chant Kingo désigne également une solide tradition féroïenne quant à la manière de chanter, sans accompagnement instrumental, avec une grande diversité selon les villages et les chanteurs.

Avec des œuvres de quatre peintres féroïen.ne.s, l’exposition Un éclat de soleil présente l’art féroïen sous l’angle du traitement de la lumière dans la peinture contemporaine et les courants plus classiques, allant des interprétations postimpressionnistes de la lumière dans la nature aux aplats de couleurs pures de l’art abstrait ainsi qu’à des tableaux qui semblent en soi saisir et réfléchir la lumière.

La lumière joue un rôle essentiel dans l’art féroïen depuis l’avènement tardif de ce dernier, au début du 20e siècle. Dès les tout premiers paysages empreints de romantisme national, réalisés par des peintres autodidactes, l’art féroïen a été baigné de lumière, ce qui ne saurait étonner au regard de l’environnement naturel des Féroé et de leur localisation géographique dans les latitudes arctiques. En fait, la grande luminosité et la vivacité des couleurs dans la peinture féroïenne sont également le fruit des influences de l’art français, enseigné à l’Académie des beaux-arts de Copenhague. Au Musée national d’art des Féroé, il est difficile de ne pas remarquer l’inspiration tirée de Cézanne, Matisse, Picasso, Braque, Monet, etc. La ville même de Paris, à la fois centre et berceau des mouvements de l’art moderne, occupe une place de premier plan dans l’histoire de l’art féroïen. Malgré la richesse de leur vie culturelle, les Féroé n’ont en effet jamais eu d’académie de beaux-arts sur leur territoire. Les peintres et sculpteurs féroïens ont donc traditionnellement suivi leurs études à l’étranger, et s’agissant des premières générations, c’est à l’Académie des beaux-arts de Copenhague que la plupart d’entre eux se sont formés. C’est là qu’ils ont commencé à s’intéresser à Paris, où leurs professeurs et les artistes danois se rendaient en pèlerinage pour étudier leurs modèles français. Parmi eux se trouvait le professeur Aksel Jørgensen qui, s’inspirant de l’impressionnisme et en particulier des idées de Paul Cézanne, développa les fondements théoriques d’une peinture coloriste en aplats. Celle-ci influa énormément sur l’art féroïen naissant et jeta les bases d’un colorisme étincelant qui continue d’animer la peinture féroïenne.

*Som den gyldne sol frembyder, Thomas Kingo (1634-1703)


INGÁLVUR AV REYNI nourrissait une véritable passion pour Paris. Ses racines artistiques remontent notamment à Cézanne et Matisse, ce qu’il mentionne dans Svartur Sannleiki (Vérité noire), film documentaire de 1999 qui lui est consacré et dans lequel il déambule dans Paris tout en exprimant combien cette ville lui est importante. Ce portrait, présenté dans l’exposition, est toutefois construit autour d’une crise artistique : le film nous fait rencontrer un Ingálvur av Reyni vieillissant frappé par le doute quant à sa propre œuvre, peut-être en particulier pour ce qui concerne sa partie la plus lumineuse, influencée par le colorisme impétueux et contrasté qu’Aksel Jørgensen enseignait à ses élèves de l’Académie des beaux-arts de Copenhague. Dans l’histoire de l’art féroïen et danois, on a eu nettement tendance à s’aligner sur les opinions de Reyni et en particulier à mettre en avant ses toiles abstraites et noires de la fin du siècle ainsi que ses toutes dernières œuvres monumentales du début des années 2000. Dans la présente exposition consacrée à l’importance de la lumière, nous avons choisi d’aller à rebours de ce point de vue en osant affirmer qu’Ingálvur av Reyni a peint de belles œuvres durant toutes ses périodes, ce qui inclut ses toiles figuratives et lumineuses des années 1940 et 1950.


ZACHARIAS HEINESEN est le grand old man de l’art féroïen. Interrogé dans une revue, il y a quelques années, sur ses modèles artistiques, il mentionnait Paul Cézanne, dont on sent l’influence surtout dans ses premières productions, avec la décomposition en facettes de la surface picturale. Il a ensuite développé et trouvé son propre style, cultivant en particulier le motif du petit village des Féroé au bord du vaste océan. Figure centrale de la peinture féroïenne, Heinesen a profondément marqué l’histoire de l’art féroïen. Ses compositions aux montagnes et rochers anguleux et aux maisons de couleurs vives ont quasiment fait école dans l’art des Féroé. Bien qu’il saisisse la nature sous différentes lumières, comme les impressionnistes et les postimpressionnistes, Zacharias Heinesen a créé son propre langage pictural dans une veine abstraite. Le paysage semble parfois servir de prétexte pour peindre des couleurs selon un motif précis. Les couleurs primaires se juxtaposent souvent à leurs opposées, les touches de jaune et de rouge illuminant les aplats bleus et verts superposés en couches.


HANSINA IVERSEN peint des toiles non figuratives presque surchargées d’aplats de couleur de formes organiques. Mais ici aussi, la lumière étincelle en teintes primaires et secondaires rendant tout le tableau incandescent, d’une manière très physique. Ces œuvres sont très sensuelles et charnelles – y compris dans la manière dont la peinture est apposée sur la toile, en touches laissant deviner les mouvements de l’artiste. Hansina Iversen ne réalise pas d’esquisses ou d’études avant de peindre. Lors d’interviews, elle a expliqué qu’elle passe parfois beaucoup de temps devant la toile, très concentrée, en quelque sorte prête à bondir telle une athlète attendant le coup de feu sur la ligne de départ. Si l’on perçoit la fougue et le mouvement dans les touches de pinceau et les détails, les toiles sont minutieusement composées avec une superposition de couches plus ou moins transparentes, donnant ainsi une impression d’ondulation et de variation dans la composition en fonction du point d’observation du spectateur.


RANNVÁ KUNOY Regarder et ressentir ces toiles, c’est un processus en constante évolution : il est donc difficile, voire impossible, d’en rendre compte par la photographie. Depuis de nombreuses années, Rannvá Kunoy est animée par le souhait de transcender la matière physique. Il en résulte pour le moment des toiles qui, malgré leur caractère physique, semblent présenter une substance presque immatérielle. Le marquage irrégulier des bords de l’œuvre donne l’impression d’un cadre entourant un immense espace pictural. La toile foisonne de signes et de marques, comme si quelque chose allait disparaître ou advenir. Au lieu de représenter ou de refléter la lumière, les peintures de Kunoy semblent former à elles seules une sorte de lumière résultant d’un pigment cristallin particulièrement irisant qui change de couleur en fonction de la lumière présente dans la salle d’exposition. Pour mieux ressentir l’œuvre, le spectateur se déplacera devant les toiles et verra celles-ci changer de couleurs et de caractère. Les toiles acquièrent ainsi un effet performatif remettant en cause l’un des principes selon lesquels la peinture est fixée dans le temps et l’espace.


Kinna Poulsen, diplômée en danois et en histoire de l’art, critique d’art et commissaire d’expositions, vit et travaille à Tórshavn, dans les îles Féroé. Autrice de multiples ouvrages en féroïen sur l’art, elle a été l’organisatrice et la commissaire de nombreuses expositions aux Féroé et ailleurs. Depuis 1997, Kinna Poulsen contribue à divers médias, revues et catalogues dans les domaines de l’art et de la littérature, et est rédactrice sur son propre site culturel listaportal.com. Elle est également membre du Bureau de l’AICA-Danemark.


Merci au Musée national d’art des Féroé pour le prêt des œuvres de Zacharias Heinesen et d’Ingálvur av Reyni pour l’exposition. Listasavn Føroya est le musée national des îles Féroé, situé à Tórshavn, avec une collection de 2500 œuvres d’art, principalement des beaux-arts féroïens.


EXPOSITION
14 janvier - 13 avril 2022
Ouvert tous les jours de 12h à 18h sauf lundi
Entrée libre

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Sarah Heymann : 06 804 888 27
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Skin Carpet

Skin Carpet est la première exposition monographique en France de l’artiste danois FOS (Thomas Poulsen, né en 1971, qui vit et travaille à Copenhague et à Venise). Sa pratique artistique embrasse tous les genres, sculpture, installations, architecture, design et musique. Depuis le début des années 2000, ses œuvres explorent la manière dont le langage esthétique des objets et des espaces nous définit en tant qu’êtres sociaux. Le titre de l’exposition est un mot composé dont les signifiants renvoient à un double espace : d’une part, il fait référence à la modalité haptique du toucher sur des surfaces dissonantes mais lisses telles que les peaux et les tapis ou les moquettes ; d’autre part, il est en lien avec des matières dont l’objet principal est d’envelopper et de délimiter.


L’exposition se présente comme un vaste espace dans lequel des toiles colorées à la main de 240 mètres de long dessinent une paire de poumons humains démesurés. Par l’inspiration et l’expiration, le processus biologique de cet organe déplace l’air mécaniquement à travers le corps tout en métabolisant l’oxygène. Dans l’installation sculpturale de FOS, cet espace organique a changé d’échelle pour former un intérieur architectural souple dans lequel des parois se laissant pénétrer contiennent nos corps ainsi que le volume d’air qui y entre et en est expulsé. De rares objets sculpturaux sont disposés au sein de cette installation en forme d’organe. Parmi eux, une sculpture faite de tubes de verre rejette de la vapeur à la manière d’un système artériel mécanique. Les productions biomorphiques de ce doux brouillard se manifestent à travers l’œil scrutateur d’une caméra thermique dont les étranges images sont projetées sur un vaste écran situé à l’entrée.


Telles un radar, les images thermographiques dessinent en continu des formes sinueuses d’une éclatante lumière révélant les mouvements d’air chaud et de substance qui, à défaut, resteraient indétectables. En constante exhalaison, la vapeur se fond dans le milieu environnant pour s’injecter et se transformer dans de nouveaux cycles de vie. La chaleur est le matériau artistique, matière invisible qui se dissout dans le corps du spectateur, l’emplissant et en refluant au sein d’un espace façonné comme l’organe du corps sur lequel repose la respiration humaine.

Commissaire d'exposition: Diana Baldon

Thomas Poulsen (né en 1971) est un artiste danois vivant et travaillant à Copenhague sous le pseudonyme FOS.

Formé à l’Académie Royale danoise des Beaux-Arts, 1993-1999.

La pratique artistique de FOS traverse de nombreux genres et matières, embrassant au sens le plus large la sculpture, les installations, la musique, l’architecture et le design. Les œuvres de FOS explorent la manière dont le langage des objets et l’espace nous définissent en tant qu’êtres sociaux.

L’aspect social constitue un centre invisible du travail de FOS, un centre se manifestant à travers ses œuvres d’art. L’affirmation selon laquelle « l’art est un modèle de doute » s’inscrit dans sa production, où un doute réside entre le « nous » et le « je ».

Cet « entre-deux » fait partie intégrante de sa pratique, dans un franchissement incessant des frontières délimitant l’art, le design et l’architecture. Les genres créent des cadres autour de nous, en particulier autour de nos corps sociaux, comme on le voit dans les expositions, les créations, les intérieurs et les performances. L’œuvre présente cette faculté exceptionnelle de rendre le complexe intelligible, tout en remettant en cause l’artiste lui-même, le public et le monde de l’art.

Sélection d’œuvres et d’expositions :

1997 Social Design#1, Stereo Bar, Copenhague, DK

2004-2006 Mændenes hjem, Copenhague, DK

2006 SOCIAL DESIGN, Badischer Kunstverein, Karlsruhe, D

2011 One language Traveller, Musée national du Danemark, Copenhague, DK

2011 Speech Matters - OSLO Pavillon danois, Biennale de Venise, I

2012 Declaration of Unsolid Memories, Camden Arts Centre, Londres, UK

2012 Osloo, Biennale de Venise, I

2015 Always happy new year (bar), Théâtre Royal, Copenhague, DK

2016 Your success is your amnesia, HF-Centret Efterslægten, Copenhague, DK

2017 The Interior of Inés, Vestre Fjordpark, Aalborg, DK

2017 Ayrton. Museo Tamayo, Mexico, Mexique

2018 Palimpsest — Hands Worn Smooth by Coins, SCAD Museum of Art, Savannah, GA, USA

2019 Hands worn smooth by coins, Copenhagen Contemporary, Copenhague, DK

2021 SKIN CARPET, Maison du Danemark, Paris, F

Programme de design pour Céline, 2013-2018

Diana Baldon est une critique d’art italienne, enseignante et commissaire d’expositions spécialisée en art contemporain et en muséologie. Elle est la directrice artistique de Kunsthal Aarhus, Danemark.

Skin Carpet

22.10.2021 - 19.12.2021

Vernissage 22.10.2021 de 19h à 21h

Ouvert tous les jours de 12h à 18h sauf lundi

Entrée libre

Skin Carpet est produit avec le soutien de Danish Arts Foundation et Ny Carlsbergfondet, en partenaire avec NILS STÆRK, FOS STUDIO, Copenhagen Distillery et Immersive Stories.

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Aux vélos, citoyens ! La révolution roule

Aux vélos, citoyens ! La révolution roule. Design urbain danois

Aux vélos, citoyens ! est une célébration de la culture du cyclisme urbain si profondément enracinée dans la société danoise. L’exposition va explorer le cyclisme urbain à travers un prisme culturel, mais avec l’urbanisme et le design au centre.

Le design danois ne se contente pas d'être présent à l'intérieur des maisons.

L’exposition Aux Vélos, citoyens ! va surligner comment les principes du design danois – pratique, fonctionnel et élégant - occupent une place essentielle aussi à l’extérieur, dans la création de l’espace public partagé par tous au quotidien, et de façon plus spécifique, comment le design se manifestent dans la manière dont les danois se déplacent en ville.

Le vélo – comme objet et comme machine – est un exemple universel de design intemporel par excellence. Depuis son invention dans les années 1880, le vélo a joué un rôle majeur dans la mobilité dans toutes les villes du monde. Sur le plan de l'efficacité, rien ne bat le vélo comme moyen de transport. C’est pour cela que dans des villes danoises, des urbanistes ont passé plus d'un siècle à perfectionner l’infrastructure et les installations pour encourager les gens à choisir le vélo. Et ils se sont plus inspirés par les principes du design que par ceux de l’ingénierie. A Copenhague et dans une multitude d’autres villes danoises, la combinaison du design et du vélo, a créé une culture de la mobilité qui est à la fois pragmatique, fonctionnelle et belle. Par cette simplification de sujet, les villes danoises ont réussi facilement à faire du vélo, un moyen de transport sûr, accessible et facile.

Aux Vélos, Citoyens ! va démontrer comment les principes de design fonctionnent dans le design urbain des villes cyclables, ainsi que montrer tous les aspects humains d’une ville cyclable comme Copenhague.

C’est une évidence que le vélo est de retour dans les métropoles du monde après des décennies d’absence. L'élan est fort, de voir comment des municipalités et leurs citoyens réalisent les meilleures options pour des centres urbains durables où des gens, de plus en plus nombreux, y circulent et souhaitent profiter des avantages pragmatiques et climatiques d’une mobilité à deux roues.

Paris ne fait pas exception à cette tendance urbaine mondiale. Avec le progrès récent de Paris vers une ville carrément cyclable, l'exposition souhaite célébrer une histoire partagée et un trajet tourné vers le futur. Avec des solutions danoises, testés et approuvés, l’exposition aspire à inspirer en même temps que dessiner des comparaisons positives avec la révolution du vélo qui a lieu à Paris ces dernières années.

L’exposition aura lieu au Bicolore, la salle d’exposition de la Maison du Danemark conçue par le groupe d’architectes danois COBE. A travers des infographiques, films VR, photos, et des installations de design urbain, Aux vélos, citoyens ! vous fait decouvrir le design urbain danois.

Podcast

L’exposition Aux vélos, citoyens ! sera accompagnée d'une série de podcasts sur la plateforme numérique du Bicolore, présentée par le commissaire d'exposition, l'urbaniste Mikael Colville-Andersen. A travers des interviews d'invités pertinents à Copenhague et à Paris ; urbanistes, hommes et femmes politiques, cyclistes etc. il dévoile la situation actuelle du vélo. Il a suivi l’évolution et la transformation de Paris depuis l’implémentation de Vélib et va questionner les promesses courageuses faites par la Ville de Paris il y a quelques années et enquêter sur les progrès que la ville a vécu. Comment est-ce que la ville change et évolue en accommodant les vélos comme moyen de transport en si grand nombre et pour la première fois depuis des décennies ? Jusqu’où la ville peut-elle aller ?

Mikael Colville-Andersen est une des voix pertinentes dans le réseau mondial de l'urbanisme. Il a travaillé dans plus de cent villes autour du monde en tant que conseiller sur le design de rues cyclables pour une meilleure vie urbaine à l'échelle humaine. Il est reconnu pour ses philosophies sur la simplification de l'urbanisme et pour le design des villes au lieu de l’ingénierie. Mikael Colville-Andersen est l'auteur de Copenhagenize - the definitive guide to global bicycle urbanism et présentateur de la série documentaire The Life-Sized City (Des villes à hauteur d’hommes sur Planète +).


Le Bicolore

La Maison du Danemark vous invite à découvrir Le Bicolore, sa nouvelle plateforme d’art contemporain sur les Champs-Elysées avec une présence en ligne accrue : podcasts, articles en ligne, rencontres numériques, vidéos et visites virtuelles feront partie des expériences culturelles proposées.

Le Bicolore est un clin d’œil affectueux au Tricolore français. Il reprend à l’unisson les valeurs d’égalité et de diversité, mais il est aussi double, équivoque. Sans cesse à interpréter.

C’est une façon de regarder le monde côté pile et côté face à travers le prisme de la culture danoise. L’actualité, la liberté de pensée et les sujets polémiques seront mis à l’honneur car le Bicolore est curieux, s’interroge, vous interroge et vous invite à un dialogue entre les scènes culturelles danoises et françaises.

Le Bicolore souhaite comprendre, catalyser et refléter les dynamiques créatives du Danemark et du monde que nous construisons aujourd’hui avec un prisme : les sens et l’esthétique sont des vecteurs aussi essentiels que la rencontre et le débat. Notre ambition est de créer des expériences mémorables qui éveilleront la curiosité envers le Danemark.

EXPOSITION
18 juin – 19 septembre 2021
12h-18h tous les jours sauf lundi
Entrée libre

VERNISSAGE
17 juin 2021 à 19h, si la situation sanitaire le permet

Le service de presse de l’Ambassade de Danemark est à votre disposition pour toute demande d’informations complémentaires et de visuels en haute définition, merci de contacter Rebecca Helewa Graversen rebgra@um.dk // 01 44 31 21 15 ou 06 63 16 05 65

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Flags of freedom

16 avril - 9 juin 2021

Mette Winckelmann

Art contemporain

16 avril – 9 juin 2021

Vernissage et ouverture au public dès que la situation sanitaire le permet

Commissaire de l’exposition : Jérôme Sans

Pour sa première exposition personnelle en France, Mette Winckelmann déploie tout son vocabulaire aux influences abstraites et conceptuelles et livre une exposition-manifeste qui s’inscrit dans le débat sur l’équité entre les genres et les processus d’identification face à la fluidité des liens sociaux et intimes de nos sociétés contemporaines.

Flags of Freedom fait ressurgir l’histoire troublée des discriminations en détournant des techniques prétendument jugées féminines telles que la couture, la broderie et le patchwork, pour écrire une contre-histoire paritaire de l'abstraction et revaloriser l’artisanat d’art dans le champ de l’art contemporain. Dans ses peintures, collages de tissus, drapeaux, céramiques, sérigraphies et installations, l’artiste danoise déconstruit et brouille les formats et les catégories strictes de la peinture abstraite grâce à un système graphique - une grille mathématique - à partir de laquelle elle aborde l’espace, l’échelle du corps humain et la physicalité des matériaux pour en repousser les limites, les permuter et les recombiner selon un processus en constante évolution. Ce langage de signes et de couleurs, emprunté à diverses cultures, traditions et mouvements sociaux symbolise notamment des phénomènes liés aux transformations du corps social et aux mutations des identités. La géométrie en est une colonne vertébrale pour l’artiste qui voit dans les mathématiques un reflet de la matrice de la société et de ses lois. Entre les lignes, des zones « grises » se révèlent comme autant d’espaces de négociations. Ainsi, ce vocabulaire aux possibilités infinies acte-t-il une posture engagée, traversée par l’iconographie des mouvements de luttes que partagent tous ceux qui souhaitent réinventer le monde ou s'y positionner.

METTE WINCKELMANN interviewée par Jérôme Sans (2020)

Jérôme Sans : Comment décririez-vous votre travail ?

Mette Winckelmann : Mon travail est souple, flexible et ouvert. Dans ma pratique, je m’efforce sans cesse d’étirer les formats et les catégories. Pour commencer, j’essaie presque toujours de me plonger dans une matière ou un médium particulier afin d’en éprouver les propriétés et tous les possibles. Je tente d’aller au-delà des attentes et des limites liées à cette matière particulière et à ses utilisations traditionnelles afin qu’elle puisse révéler de nouvelles significations.

JS : Vos peintures sont fondées sur des associations systématiques, des formes et des couleurs imitant ou mettant en œuvre des structures et des techniques visuelles issues des traditions artisanales de diverses cultures. Comment vous est venue l’idée d’employer la grille comme système de composition ? Le quadrillage ou la grille sont souvent la métaphore de la structure et des règles de la société, tandis que vous l’utilisez pour les malmener, les remettre en cause, voire les annuler…

MW : En effet, la grille me sert avant tout de point de départ pour me diriger dans le monde. Elle m’aide à déterminer l’échelle d’un espace et ma propre position par rapport aux objets et aux sujets que j’explore. Lorsque j’initie une nouvelle œuvre, il m’importe de savoir où elle commence et où elle s’arrête. Autrement dit, de trouver ses limites. Je débute toujours une œuvre en divisant la surface en moitiés, en tiers et en quarts. Je procède de la même manière lorsque je réalise des fresques murales commandées pour un bâtiment précis, une couverture de livre, une peinture ou un dessin, ou encore des œuvres pour un espace d’exposition. Je me saisis immédiatement de ma règle pour diviser l’espace ; ce n’est qu’après cette étape que j’ai mes repères et que je peux envisager de réfléchir dans l’espace et avec celui-ci. J’adhère à mes propres règles. Selon moi, les systèmes sous-tendent également des questionnements liés au sentiment d’appartenance, au désir de s’insérer dans une structure donnée et de s’y sentir en sécurité, d’avoir sa place dans l’ordre des choses. C’est une question profondément existentielle. En même temps, je reconnais que les règles, les structures et les normes excluent souvent la diversité et découragent les écarts et la transformation. C’est pourquoi il est important pour moi de mettre en mouvement cette grille et d’en repousser sans cesse les limites.

JS : Pour quelles raisons la géométrie et les systèmes mathématiques sont liés dans votre travail au corps humain et à ses mesures ?

MW : La géométrie est ancrée dans le corps humain. Elle renvoie à la symétrie, aux mesures, à l’équilibre, à la taille, à l’échelle. La géométrie et les mathématiques sont liées au besoin de caractériser, de définir et de comprendre le rapport de l’individu face au collectif, ainsi que les distances qui les séparent. La géométrie est une manière de définir la société et ce qui se trouve hors de notre corps. En même temps, elle fait référence à l’intérieur du corps. Toutes les mesures concrètes associées à celui-ci, comme le nombre de doigts de la main ou de dents d’une mâchoire comprennent des irrégularités confirmant qu’il s’agit d’une matière organique et vivante, toujours en évolution.

JS : Plusieurs de vos œuvres sont composées de drapeaux. Que représente pour vous le drapeau en tant qu’objet et symbole ?

MW : Les drapeaux sont souvent constitués de formes de couleur minimalistes clairement définies, ce qui les rend facilement identifiables à distance et par conséquent efficaces comme symboles identitaires. Ils donnent ainsi lieu à des sentiments d’unité et de division. En hissant un drapeau, un groupe de personnes peut déclarer : « Nous sommes reliés ensemble par ce drapeau », et ce faisant, exclure automatiquement toute chose ou toute personne considérée comme différente ou extérieur. Un drapeau est un signe, une affirmation visuelle claire et un puissant outil de communication. En même temps, les règles, les idées et les traditions liées aux drapeaux ne demandent qu’à être remises en question et perturbées par le processus artistique. Pour l’exposition à la Maison du Danemark, je crée des drapeaux de la liberté qui sont tous dans un état de transition et répètent des motifs qui deviendront quelque chose de nouveau.

JS : Quel rôle la couleur joue-t-elle dans votre travail, en particulier le rouge, le blanc et le noir ? Le rouge est souvent un signe d’interdiction. Il rappelle l’histoire des révolutions, par exemple. Est-ce une manière d’aborder l’autre visage de la société et du monde ?

MW : La couleur est un sujet sur lequel je suis intarissable ! Dans la série Come Undone (2016), par exemple, mon point de départ était le rouge, le noir et le blanc comme couleurs pures. La première peinture est exclusivement noire. Dans la suivante, j’ai ajouté du blanc. Dans la troisième, du rouge. À mesure que je continuais cette série, j’ai commencé à mélanger ces trois couleurs. Au fur et à mesure, s’observe le passage de couleurs nettement contrastées vers des couleurs nuancées et qui entrent dans un rapport différent dès lors qu’elles ne sont plus en opposition binaire ou en contraste […] Dans mon travail, je m’efforce toujours d’avoir conscience du fait que recourir aux couleurs revient à travailler sur des références, des associations, des sentiments, des sensations. Je déclenche une certaine atmosphère ou une ambiance, à la manière dont un accord musical peut occuper tout l’espace et éveiller un registre émotionnel chez un auditeur. C’est également ce qui m’a amenée à m’intéresser davantage aux « couleurs intermédiaires ». Contrairement aux couleurs primaires souvent affirmées et déclaratoires, les couleurs intermédiaires sont moins verrouillées et donc susceptibles de faire jouer nos sens de manières nouvelles et inattendues. Elles sont plus propices à la négociation.

JS : Votre œuvre est traversée par le mouvement féministe. Est-ce une manière de contribuer à l’écriture d’une contre-histoire de l’abstraction qui a si souvent dévalorisé ou exclu les artistes femmes et leur travail ?

MW : Adopter une conception plus inclusive et politique de l’abstraction est important à mes yeux. La géométrie et les couleurs ne sont pas simplement formelles. Les couleurs et les formes ne peuvent pas être sublimes ou parfaites dans la neutralité. Elles ne sont pas fixes en termes de significations. Selon moi, cette souplesse est positive. À tout moment de l’histoire, l’abstraction dépend du regard d’un individu et des associations qu’il établit dans son esprit. Chaque forme, chaque couleur a son lot de connotations et de références. C’est l’un des domaines qui m’intéressent et que j’ai explorés intensément : quel rôle la couleur joue-t-elle dans un espace, public ou privé ? Quel type d’impact a-t-elle sur l’individu lorsqu’il pénètre dans cet espace ?

JS : Que pensez-vous de l’interaction entre l’art, la politique et le militantisme ? Même si cela n’apparaît pas au premier regard, votre œuvre est militante.

MW : Oui, le militantisme est un fondement de mon travail. J’aime être en prise avec des sujets importants, même si je ne suis pas certaine de partager le même langage que la majorité des individus. Je m’exprime davantage de manière visuelle que verbale. Mon langage est une forme de militantisme visuel.

***

Mette Winckelmann est diplômée de l’Académie des Arts et du Design de Bratislava, en Slovaquie, (1996-1997) et de l’Académie Royale danoise des Beaux-Arts (1997-2003). Sa pratique artistique se déploie dans des manipulations conceptuelles de matières tactiles dans le cadre desquelles elle fait de l’artisanat traditionnel et de ses gestes des positions esthétiques en mouvement. Son œuvre compte notamment des ornements de lieux publics de grande envergure, des installations éphémères expérimentales, des organisations de l’espace et des objets concrets tels que des impressions sur textile, des peintures sur toile et des céramiques.

En 2019, Winckelmann a reçu une aide de trois ans de Statens Kunstfond (Fondation nationale danoise pour l’art) et elle est représentée notamment au Statens Museum for Kunst, au Danemark, au Malmö Museum of Art, en Suède, ainsi qu’en France, au Frac Auvergne.

Jérôme Sans

Curator, directeur artistique et directeur d’institutions, Jérôme Sans est internationalement reconnu pour son approche pionnière et transversale de l’institution culturelle et de l’exposition. Il est le co-fondateur du Palais de Tokyo à Paris qu’il a dirigé durant les six premières années, avant d’être le directeur de l’Ullens Center for Contemporary Art (UCCA) à Pékin de 2008 à 2012. Parallèlement à ses publications, il a été directeur de création et rédacteur en chef du magazine culturel français L'Officiel Art. Il est le commissaire de nombreuses expositions internationales, depuis la Biennale de Taipei (2000), la Biennale de Lyon (2005), … et récemment des expositions monographiques de Li Qing à la Fondation Prada Rong Zhai à Shanghai (2019), Pascale Marthine Tayou à la Fondation Clément en Martinique (2019), Erwin Wurm au Taipei Fine Arts Museum (2020) .... Il est par ailleurs investi en tant que directeur artistique dans plusieurs importants projets de développement urbain et dans la conception de nouvelles institutions culturelles contemporaines à travers le monde.

EXPOSITION
16 avril – 9 juin 2021
12h-18h tous les jours sauf lundi
Entrée libre

VERNISSAGE
Vernissage et ouverture au public dès que la situation sanitaire le permet

L’exposition a reçu le soutien de Arne V. Schleschs Fond, Danish Arts Foundation, Grosserer L.F. Foghts Fond, Konsul George Jorck og Hustru Emma Jorck’s Fond, Ny Carlsbergfondet ainsi que Overretssagfører L. Zeuthens Mindelegat.

En partenariat avec Munkeruphus et le Danish Art Workshops

Le service de presse de l’Ambassade de Danemark est à votre disposition pour toute demande d’informations complémentaires et de visuels en haute définition, merci de contacter Gitte Delcourt gitdel@um.dk // 01 44 31 21 13 ou Anthony van den Bossche – DUENDE PR // avdb@duendepr.com // 06 19 06 17 62

Le Bicolore

La Maison du Danemark vous invite à découvrir Le Bicolore, sa nouvelle plateforme d’art contemporain sur les Champs-Elysées avec une présence en ligne accrue : podcasts, articles en ligne, rencontres numériques, vidéos et visites virtuelles feront partie des expériences culturelles proposées.

Le Bicolore est un clin d’œil affectueux au Tricolore français. Il reprend à l’unisson les valeurs d’égalité et de diversité, mais il est aussi double, équivoque. Sans cesse à interpréter.

C’est une façon de regarder le monde côté pile et côté face à travers le prisme de la culture danoise. L’actualité, la liberté de pensée et les sujets polémiques seront mis à l’honneur car le Bicolore est curieux, s’interroge, vous interroge et vous invite à un dialogue entre les scènes culturelles danoises et françaises.

Le Bicolore souhaite comprendre, catalyser et refléter les dynamiques créatives du Danemark et du monde que nous construisons aujourd’hui avec un prisme : les sens et l’esthétique sont des vecteurs aussi essentiels que la rencontre et le débat. Notre ambition est de créer des expériences mémorables qui éveilleront la curiosité envers le Danemark.

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In a Slow Manner

2 février – 28 mars 2021

Après un an et demi de travaux, la Maison du Danemark, sur les Champs-Élysées, rouvre ses portes le 3 février 2021 avec une ambitieuse exposition collective mettant l’art textile à l’honneur sous la direction de la commissaire danoise Henriette Noermark et réalisée en partenariat avec le fabricant textile Kvadrat ainsi que Galerie Maria Wettergren, Last Resort Gallery et Nils Stærk L’alchimiste des couleurs Margrethe Odgaard, la peintre Tove Storch et la tapissière Grethe Sørensen comptent parmi les dix artistes qui, avec sensualité, couleurs et plaisir tactile marquent le coup d’envoi de la réouverture de la salle d’exposition de la Maison du Danemark.

L’exposition In a Slow Manner, dont le titre est une ode à l’essai de la tapissière Anni Albers Handweaving Today, de 1941, met en éveil les sens du visiteur de façon expérimentale à travers la découverte d’œuvres textiles dont l’essence même tient à leur texture, à leur matière. Des plasticiens et artistes danois, nouveaux ou reconnus, ainsi que deux Français participent à cette exposition d’art textile qui vise à présenter une fraction des meilleurs représentants de la scène actuelle.

Sculptures en deux et trois dimensions, tapisseries murales, créations son et lumière : les artistes occupent un vaste champ en termes de générations, d’intentions et d’expressions, comme l’installation en fibre optique et fil de papier d’Astrid Krogh, les grandes œuvres en velours de Vibeke Rohland dans lesquelles la couleur s’exprime en quadrilatères, ou les délicates installations en soie de Tove Storch, qui traduisent physiquement des réflexions complexes sur la forme, le temps et l’espace.

L’artiste française Valérie Collart (qui vit au Danemark) nous invite à une rencontre des matériaux ; ses photographies et sculptures sensuelles de porcelaine confèrent au textile une gracieuse vulnérabilité.

Le Parisien Justin Morin présente How To Drape The Surface of Saturn, une œuvre emblématique de son travail sur la sculpture drapée à partir de panneaux de soie imprimés.

Diplômée depuis peu, Sofie Genz n’en est pas moins déjà rétive à tout compromis quant à la qualité des textiles qu’elle tisse et à sa palette de couleurs, laquelle exploite les potentiels des teintes des champs intermédiaires. Anne Fabricius Møller et Ditte Hammerstrøm présentent des œuvres où l’essentiel réside dans le pliage et les nuances de couleurs, allant de rouleaux de tissu en cadres de plexiglas à une méridienne habillée de velours gris chatoyant.

Dans ses toiles systématiques, théoriques et poétiques, l’artiste Josef Albers, du Bauhaus, travaillait sur trois types de couleur inspirés des cheveux : le roux, le blond et le brun. C’est groupe de teintes que la créatrice Margrethe Odgaard utilise poétiquement. Elle compare les couleurs à la crête des vagues comme Albers les comparait à des brins de paille : « Il y a autant de couleurs que de crêtes de vague ». Dans le cadre de l’exposition In A Slow Manner, elle présente notamment son œuvre With Some Defined Measure, qui transforme les teintes souvent liées à des émotions en un langage rationnel catégorisable et se demande s’il ne serait pas temps de prendre les couleurs encore plus au sérieux.

Cette exposition unique marque également la réouverture de l’espace culturel de la Maison du Danemark. La prestigieuse agence d’architecture danoise COBE a redessiné l’espace, tandis qu’une nouvelle identité visuelle a été créée avec l’agence Urgent Agency. Une renaissance dévoilée aux premiers visiteurs en février 2021.

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